L'interview de la semaine 3

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Interview d'une adhérent

anonyme homme

Bonjour,

Vous êtes adhérent UFML et avez accepté de répondre à quelques questions. Je vous en remercie.

 

Q : Auriez vous l’amabilité de vous présenter (nom, âge, spécialité, type et secteur d’activité, lieu d’exercice) ?

R : XY, 47 ans, AIHP, hépatogastroentérologue secteur 1, exerçant en zone présahélienne (le désert de l'Ouest).

Q : Pourquoi avez-vous choisi la médecine ?

R : Elle s'est imposée à moi dès mon plus jeune âge, bercé par les aventures de nos grands Maîtres lues à maintes reprises dans je ne sais plus quel livre pour enfants. J'ai eu envie de devenir un de ces héros, mais plus quotidien, et consoler toujours, soulager parfois, guérir rarement mais guérir quand même.

Q : Dans l’exercice de votre métier, aujourd’hui, qu’est-ce qui vous semble le plus difficile ?

R : La non reconnaissance du travail bien fait, l'interrogatoire prolongé qui mène le plus souvent au diagnostic mais qui est délétère pour l'équilibre financier de mon entreprise, la course aux actes seul garant de revenus décents, il devient suicidaire de ne prétendre faire que des actes totalement utiles et justifiés, mais seuls ceux-ci sont rémunérés, pas ceux qu'on a évités au patient car inutiles. Autre grande déception, devoir régulièrement renoncer à des actes devenus si coûteux pour le médecin que seules les suicidaires ou les secteur 2 peuvent encore les aborder.

Q : Compte-tenu du contexte actuel, et à titre personnel, est-ce que vous vous sentez menacé ? Et si oui, menacé de quoi ?

R : La menace est constante soit de devenir médecin aux pieds nus par excès d'exigence morale, soit de ne plus avoir pour objectif que le chiffre d'affaire qui pourra permettre une vie décente pour soi et sa famille. Enfin la menace heureusement rarement exprimée de consommateurs de soins qui confondent mon cabinet et leur supermarché.

Q : Avez-vous déjà envisagé d’arrêter ou de partir à l’étranger ?

R : Pas encore, j'aime mon pays, ma famille n'est pas encore affranchie, je préfère me battre de l'intérieur en espérant encore être efficace.

Q : Comment avez-vous entendu parler de l’UFML ?

R : Sur divers forums médicaux, avec un a priori assez défavorable initial.

Q : Dans le message de l’UFML, quels sont les arguments qui vous ont convaincu d’adhérer ?

R : Un discours parfois excessif mais le seul à faire appel à ma probité, mon honneur bafoué de médecin, une volonté de mettre à bas le cirque politico-syndical qui nous enfume depuis des décennies.

Q : A votre avis, quelles sont les actions à mener en priorité ?

R : Syndicaction (ou plutôt Force et Honneur dont je préférais l'intitulé) me semble le projet le plus abouti, s'il arrive enfin à décoller.

Q : Comment voyez-vous le rôle spécifique de l’UFML parmi les différentes organisations de médecins ?

R : Catalyseur de toutes les frustrations, pluricatégoriel, qu'il devienne syndicat de combat et seul interlocuteur représentatif face à la « tutelle ».

Q : Souhaiteriez-vous ajouter quelque chose ?

R : Comment la majorité d'entre nous peut-elle se taire et ne rien faire ?

 

L’ UFML vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

 

Si vous souhaitez apporter votre propre témoignage, renplissez ce questionnaire et adressez le au Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

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