L'interview de la semaine 2

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Interview d'une adhérente

anonyme femme

Bonjour,

Vous êtes adhérent UFML et avez accepté de répondre à quelques questions. Je vous en remercie.

 

Q : Auriez vous l’amabilité de vous présenter (nom, âge, spécialité, type et secteur d’activité, lieu d’exercice) ?

R : J'ai 37 ans, je suis une femme, psychiatre en secteur 2 à Paris. Je souhaite garder mon anonymat.

 

Q : Pourquoi avez-vous choisi la médecine ?

R : Parce que je me suis toujours intéressée aux comportements humains, au cerveau, et aux émotions, et je voulais faire de la recherche dans ce domaine.

 

Q : Dans l’exercice de votre métier, aujourd’hui, qu’est-ce qui vous semble le plus difficile ?

R : Les tâches administratives, la comptabilité du cabinet, les multiples paiements à effectuer aux URSSAF, impôts, CARMF avec la peur des sanctions en cas de retard de paiement. Mais aussi la méfiance des patients à l'égard du corps médical. Et puis le décalage qui existe entre une médecine libérale souvent dynamique et qui veut appliquer les dernières méthodes validées et un monde hospitalier sclérosé par les coupes budgétaires, le conservatisme, la lourdeur administrative, déprimé. Par ailleurs, je voulais rester travailler à l'hôpital mais les vacations sont payées une misère, voire gratuites (on m'a proposé de travailler gratuitement pour l'hôpital) et les moyens d'exercice trop difficile (impossible de trouver un bureau au calme pour faire une consultation psychiatrique!).

Enfin, ce qui est difficile c'est de savoir que l'on ne peut pas tomber malade ou gérer facilement une grossesse si on n'a pas une prévoyance et un mari, car on paye toujours nos charges sur les années précédentes ; le libéral est un engrenage dont on peut difficilement sortir!! Et puis, surtout, nous médecins, ne sommes pas formés à la comptabilité et sommes souvent démunis face aux banquiers, aux finesses comptables, etc. On se sent en fait très seuls, et entourés d'ennemis prêts à nous tomber dessus, dont l'Etat qui, ces dernières années, nous donné le rôle de bouc émissaire et pratique une campagne de dénigrement absolu de notre profession.

 

Q : Compte-tenu du contexte actuel, et à titre personnel, est-ce que vous vous sentez menacé ? Et si oui, menacé de quoi ?

R : Oui, je me sens menacée dans ma liberté d'exercice. La sécurité sociale semble nous faire porter le chapeau de ses erreurs de gestion.

Je me sens menacée par un Conseil de l'Ordre qui ne défend pas assez notre profession.

Je me sens menacée par des syndicats qui ont des attitudes obscures, éloignées des réalités du quotidien des médecins.

Je me sens menacée par les patients qui ne respectent plus notre profession et voient la médecine comme un service, tel une canette de coca quand on met une pièce dans la machine.

Je me sens menacée par la désinformation et le mauvais travail des journalistes qui dénaturent souvent les sujets, un jour ils encensent une méthode et le lendemain une autre, opposée, sans se remettre en question.

Je me sens menacée par internet qui semble énoncer des règles médicales alors qu'il s'agit de faire fonctionner des sites lucratifs.

Et je me sens menacée par l'agressivité montante de notre société car la précarité rend fragiles les gens et surtout les clivages et l'exacerbation des haines des uns contre les autres par un Etat à bout de souffle en terme de valeurs humaines et qui ne gère tout qu'en fonction du Dieu argent...

 

Q : Avez-vous déjà envisagé d’arrêter ou de partir à l’étranger ?

R : Oui, si je pouvais je le ferais. Mais comment sortir d'un système, si pendant 2 ans je dois encore payer toutes mes charges? Je voulais m'installer en province mais une consœur psychiatre en secteur 1 m'a dit qu'elle voyait 20 patients par jour!! Elle est en burn out...impossible, j'aime trop mon métier, je veux prendre le temps de bien soigner et finalement rester est la meilleure solution...c'est pourquoi je veux participer à sauver ce qu'on peut encore sauver.

 

Q : Comment avez-vous entendu parler de l’UFML ?

R : Par Facebook, le site des médecins pigeons.

 

Q : Dans le message de l’UFML, quels sont les arguments qui vous ont convaincu d’adhérer ?

R : Le mot LIBRE!!! Je suis une fervente défenseure de la liberté, et de la démocratie participative. Tout ce qui aide à rétablir une liberté de penser et d'agir m'enthousiasme dans un monde où on traite la masse des gens comme du bétail bon à consommer n'importe quoi et n’importe quelle idée...J'aime trop les humains pour accepter qu'on les maltraite et les réduise en esclavage...Vive la liberté, Vive les médecins, chacun différent et singulier...

 

Q : A votre avis, quelles sont les actions à mener en priorité ?

R : Reprendre la main sur les syndicats via Syndicaction, la seule façon d'avoir un pouvoir de changement. Ainsi les médecins sceptiques pourront comprendre que l'UFML n'est pas une congrégation de fêtards carabins assoiffés d'argent, mais bien une Unité nouvelle et forte de TOUS les médecins.

 

Q : Comment voyez-vous le rôle spécifique de l’UFML parmi les différentes organisations de médecins ?

R : L'UFML doit rassembler et fédérer. L'UFML doit être une force telle qu'elle permette aux médecins de créer un vrai lobby décisionnaire face à l'état, l'industrie pharmaceutique et les mutuelles.

 

Q : Souhaiteriez-vous ajouter quelque chose ?

R : Rien, sauf longue vie à l'UFML!

 

L’ UFML vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

 

Si vous souhaitez apporter votre propre témoignage, renplissez ce questionnaire et adressez le au Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

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