L'UFML a donc décidé d'appeler à la participation du mouvement de grève de décembre. Pleinement conscient du trouble que cela crée, je vais m'en expliquer.

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par le dr jérôme marty, président de l'ufml

Jerome Marty2L'UFML a donc décidé d'appeler à la participation du mouvement de grève de décembre. Pleinement conscient du trouble que cela crée, je vais m'en expliquer.

Tout d'abord pour vous mettre à l'aise, je vous rappellerai que nous ne sommes évidemment pas dupes de la capacité des responsables syndicaux des centrales signataires à s'opposer un jour pour discuter le lendemain et signer le surlendemain.

Les faits sont têtus et en matière conventionnelle, l'histoire repasse souvent les plats et ce sont souvent des plats de lentilles !

Nous savons également que les adhérents de ces syndicats sont en grande majorité déçus par le comportement passé de leurs dirigeants et nous savons plus que tout que l'immense majorité des médecins non syndiqués ne se reconnaît en rien dans ces dirigeants co-responsables du bilan et de l'état actuel de la profession.

Nous devons participer à ce mouvement pour faire entendre un autre son, une autre voix ! Nous devons participer à ce mouvement pour oser exprimer les attentes et les besoins légitimes de la profession !

Notre discours est clair :

La loi santé est un outil de démolition de la médecine libérale et au-delà, un outil d'éradication du pouvoir décisionnel des médecins, de leur indépendance professionnelle et de leur liberté de pratique.

C'est un fait incontournable, c'est pourquoi on ne peut accepter de négociation.

Or, certains responsables syndicaux aujourd’hui sur RTL expliquaient les dangers du TPG en terme d'inflation des coûts, de surcharges de travail et de complexités administratives... Uniquement des causes "négociables". Aucun n'abordait le point crucial : l'assujettissement direct du médecin à l'organisme payeur !

Plus fort, Claude Leicher président de MG France citait des exemples de bon fonctionnement du TPG et rappelait, comme Michel Chassang en son temps, que sous certains aménagements, bien sûr, le TPG était possible... Nous savons que MG France s'est prononcé il y a quelques mois pour le TPG et que la CSMF dans la bouche de son président n'était pas fondamentalement contre (sous certains aménagements...).

La position de ces dirigeants a-t-elle changé ? Nous vous laissons juge.

La nôtre est claire, c'est NON, quels que soient les aménagements c'est NON !

Dans une enveloppe contrainte au sein d'un système déficitaire et dans un pays en crise économique, le TPG Globalisé signifiera immanquablement, et quoiqu'en dise notre ministre Marisol Touraine, la perte de la liberté et de l'indépendance des médecins.

Toucher à la liberté des médecins revient à toucher à la liberté des patients qui perdront de fait leurs droits les plus élémentaires : troquer les soins que leur état justifie pour des soins que le financeur aura imposé sous des critères purement comptables !

Nous savons également que la loi de santé va donner tous les pouvoirs aux ARS sur les exercices et sur les établissements de soin.

Que le secteur privé hospitalier va être enfermé dans des contrats territoriaux de santé imposés. Contrats qui comprennent la suppression de toute pratique d'honoraires complémentaires !

Ce point est gravissime et n'est rien moins que la remise en cause du modèle hospitalier français. Là encore, les responsables syndicaux n'en parlent pas et limitent leur discours à la médecine de ville qu'ils sectorisent, priorisant les besoins, en posant déjà des limites à leurs demandes tarifaires vers un C à 25 euros...

Pour l'UFML le danger est global et la loi de santé frappera de plein fouet les médecins de tous secteurs d'activité, du public comme du privé, médecins.... et patients !

La loi de santé attaque le secret médical, la liberté d'installation, le pouvoir syndical et donc la défense des médecins.

La loi de santé est une loi idéologique et dogmatique, dangereuse pour la médecine de France, sans raison médicale, sans fondement économique.

Elle doit être combattue par l'ensemble de la profession jusqu'à son retrait total et à l'ouverture de discussions en rupture avec les conventions précédentes.

A nous de nous battre pour cela.

A nous de porter la voix des médecins non syndiqués.

A nous d'oser exprimer les besoins réels de la profession.

A nous de choquer.

A nous de bousculer.

A nous de provoquer la rupture idéologique.

A nous de nous battre pour le retrait total de la Loi de santé.

On ne négocie pas la liberté, on ne marchande pas l'indépendance. NO NEGO

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Commentaires (1)

  • Invité (Jean François Huet)

    Permalien

    Je suis bien sur de ton avis Jérôme mais quand tu verras la retranscription que feront les média de cette grève "on" ne retiendra que le côté "Courchevel" et les revendications débiles...le reste etant politiquement "inaudible" donc passe sous silence ..la CNAM pilote ce grèves

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