Les propositions de l'ufml pour une résolution des déserts médicaux

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Par le dr jérôme marty, mg s1, president de l'ufml

Jerome Marty

L'UFML s'est donc déplacée ce week end en Lozère, à la rencontre de ceux qui vivent la pénurie de médecin et le risque sanitaire. Pas un désert à la mode Marisol, de 15000 habitants, entre deux villes de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, non, une ruralité en souffrance, avec des maires, des médecins et une population en souffrance mais porteuse d'espoir.
Trouvez ci-dessous, et suite aux trois heures de débats initiés par l'UFML, nos propositions, pour une résolution des déserts médicaux.

3 étapes :

1/ Une étape immédiate :


Résoudre la perte de chance subie par les populations rurales soumises à une pénurie de médecins.

Constats :

Le rôle de ces populations est indispensable au maintien de la vie sur le territoire, leur engagement pour cela est total, leur choix est d’y maintenir la vie. L’état ne peut, par son inaction ou ses mauvais choix, accepter de voir la vie déserter des pans entiers de la nation.
Un territoire sans médecin est un territoire dont les habitants subissent une perte de chance majeure face aux soins.
Il est inacceptable que des pans de la population française, fussent-ils minoritaires : 600 000 habitants (rapport drees 2012) et dispersés sur le territoire national, soient écartés des priorités sanitaires françaises.

Priorité doit être donnée à l’urgence sanitaire.

L’installation des médecins doit être favorisée, et, face aux spécificités locorégionales (climat, relief, infrastructure routière, dispersion des populations…), l’urgence est de favoriser des installations qui maillent le territoire. Pour cela l’avis des responsables locaux est indispensable.
La formation des médecins doit être adaptée à un exercice spécifique loin des appuis habituels et les outils d’appuis (ex télé-médecine) développés.

Proposition :

- Création de Zone de priorité sanitaire (ZPS)
Tarification spécifique : C=70 euros (
47 euros soit le différentiel par rapport à 23, entièrement pris en charge), indemnité km : 2 euros du km.
Coût de la mesure sur la base d’un médecin pour 1000 habitants soit 600 médecins sur une base de 20 C par jour : 250 millions par an.
Il s’agit d’un coût brut pour l’état.
Récupération par l'impôt de 50 % du financement.
Mais surtout : l’implantation de médecins stabilise dans un premier temps la population, favorise son développement, permet aux municipalités concernées d’envisager un avenir, de stabiliser et développer les emplois.
Coût de la mesure pour l’état : quasi nul à terme.


- Former les jeunes à l’exercice en zone rurale. Si l’exercice n’est pas nouveau, l’enseignement dispensé à la faculté est de type universitaire et de plus en plus décalé avec les conditions d’exercice en zone rurale. D’où l’importance accrue d’une formation spécifique, formation à l’Urgence, à la gériatrie, la pédiatrie, la gynécologie, mais aussi allongement de la durée de formation avec un maître de stage, dans une filière pouvant devenir différenciée «médecine rurale» et permettant de prendre en charge ces patients loin de toute structure d’accueil (proposition de médecins locaux, conseillers ordinaux lozériens, que nous soutenons).

Elément de choix :
Une urgence sanitaire majeure. : La perte de chance et le risque vital subi par des populations entières. Révision des priorités : la modernisation de service hospitalier, le financement de réseaux de soins, d’agences sanitaires, les subventions diverses et variées qui ne relèvent en rien de l’urgence et de l’amélioration du risque vital doivent s’effacer pour un temps au bénéfice de l’urgence sanitaire subie par ces populations rurales.

2/ Une étape à moyen terme :

Organiser le développement économique des zones de priorité sanitaire.

Constats :

Si l’implantation du médecin répond à une urgence immédiate et doit être traitée en tant que telle, le développement de ces zones rurales est d'une importance majeure afin de pérenniser les implantations des médecins.

Les zones rurales doivent pouvoir bénéficier de services publics, d’écoles, de commerces, de lieux de cultures avec une implantation qui là encore doit répondre aux spécificités locales.
Pas de pérennisation de l’exercice médical sans possibilité de vie familiale. Le désert ne doit pas être global.
Les maires des territoires concernés sont les plus à même d’exprimer et de définir les manques.

Proposition :

Signature entre Association des Maires Ruraux de France (AMRF) et l’Union Française pour une Médecine Libre (UFML) d’un contrat pour la demande d’établissement d’un plan Marshall pour les Zones de Priorité Sanitaire.
Création d’une fiscalité basée sur la fiscalité des DOM TOM, développement des infrastructures routières, implantation de services publics ou annexes de services publics, implantation d’énergie renouvelable à tarification préférentielle…

Elément de choix :
Miser sur le développement raisonné et organisé des zones actuellement en voie de disparition. Réaménagement du territoire, création de richesse par la possibilité de création d’emplois.

3/ Une étape « transversale » en continu :

Augmenter le nombre de médecins libéraux.

Constats :

9.5% de choix pour la médecine de ville au sortir des études.
55 ans de moyenne d’âge pour les médecins, 51 ans pour la médecine générale.
Un désengagement progressif de la Sécurité sociale au regard de tarifs bloqués depuis des années (plus de 20 ans pour certaines spécialités) et sans plus aucun lien avec la pratique.
Des zones en voie de désertification qui se multiplient avec un impact sur des populations toujours plus grandes (ex : Villages de 5000 à 10000 habitants, dont 25 % de médecins terminent leur exercice sans être remplacés, provoquant la déstabilisation des médecins restants, la fragilisation de l’exercice, et l’engagement d’un cercle vicieux de l’arrêt d’exercice avec départ progressif des médecins restants et création d’une nouvelle zone touchée par le risque sanitaire).
Des solutions actuelles qui ne fournissent que des réponses partielles ou inadaptées :
Maison de santé pluridisciplinaire, fragile sur le plan économique sans garantie de maintien de financement, au risque de rachat par des organismes mutualistes avec un risque non négligeable de lien de subordination entre le financeur et le responsable du soin .
Salariat des médecins inadapté au regard de la souplesse d’action et des plages horaires du médecin libéral.

Une explosion des CA (40 Milliards/an) et des bénéfices (8 Milliards / an) des organismes mutualistes pour une part d’investissement hors secteur sanitaire (frais de gestion opaques autour de 25 %) publicité, immobilier, investissements divers et variés, sponsoring… toujours plus importante…

Proposition :

- Faire correspondre tarif opposable et pratique médicale.
- Permettre le développement d’un exercice de qualité, par l’augmentation des installations en secteur libéral de ville.
- Imposer aux mutuelles les règles observées par les autres partenaires conventionnels : transparence et surveillance des comptes.
- Augmenter la part sanitaire des dépenses des organismes mutualistes (ex : révision des règles assurancielles) .
- Aligner les tarifs opposables de la médecine française sur la moyenne européenne soit C = 40 euros avec introduction de possibilité d’honoraires complémentaires.

Eléments de choix :

- Oser le développement de la médecine libérale et la qualité des soins par un changement de paradigme.
- Arrêt de la gestion organisée de la pénurie.
- Favoriser le retour de la médecine de ville en tout lieu .
- Garantir la qualité de l’exercice.
- Oser privilégier le soin à l’organisation du soin.

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