Communiqué de presse : l’UFML est contre le Tiers Payant Généralisé

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par le dr jérôme marty, président de l'ufml

communique de presse

Demain lors de la présentation des orientations de la loi de santé par Mme Marisol Touraine, ministre de la santé et des affaires sociales, la mise en place de la généralisation du Tiers Payant d’ici 2017 sera exposée.

La décision de rompre définitivement avec le modèle sanitaire français, basé sur une médecine libre et indépendante du financeur sera prise. Ce choix, lourd de conséquences pour la qualité de notre système de soin, ne se justifie en rien par la lutte contre les inégalités d’accès au soin.

Inégalités provoquées bien plus par les choix politiques actuels et passés que du fait de l’existence d’une médecine libérale rémunérée à l’acte.
L’UFML rappelle ce qu’elle écrivait le 24 septembre 2013 : Le tiers payant doit être et doit rester une liberté. Il est de fait pour les actes lourds, les CMU et les AME, l'exception et l'honneur du système sanitaire français, rien ne justifie son extension généralisée ! Rien sauf des intérêts, politiques, idéologiques et financiers.

Le choix d’une médecine libérale sous dépendance financière et aux ordres est donc fait :
Assujettie aux financeurs par le TPG ou les forfaits. Assujettie aux administratifs par la contractualisation de tout, assujettie aux censeurs par l'encadrement et la justification de chacun de ses actes... Le tout pour un tarif au plus bas de l’échelle européenne qui devrait baisser encore : (le coût de gestion du Tiers payant étant évalué à 3,50 euros par acte par les centres de santé qui le pratiquent).

L’UFML l’affirme, la mise en place du TPG va aggraver encore la crise de vocation pour la médecine de ville. Une crise qui relève des conséquences décisionnelles du ministère de la santé et de celles de ses prédécesseurs et que, cyniquement et avec un certain talent, notre ministre travestit en cause.
Chaque jour, des médecins quittent le territoire français pour aller exercer dans des pays où le tarif de l’acte est en rapport avec la hauteur et la complexité des pratiques. Moins de 9 % de jeunes médecins de premier recours s’installent au sortir des facultés, et alors que la cours des comptes plaide pour l’arrêt de prise en charge des cotisations sociales au-delà d’un certain seuil de chiffre d’affaire et que les réserves des caisses de retraites des médecins sont menacées de détournement, ce pourcentage va encore s’aggraver.

Comment dès lors défendre l’idée de parcours de soin basé sur un raccourcissement des durées d’hospitalisation, une multiplication de la chirurgie ambulatoire et la prise en charge de maladie chronique par des équipes à domicile, alors même que le socle du soin, c'est-à-dire ses acteurs, n’existera plus !
Par ces choix politiques, le gouvernement prend le risque de dégoûter les médecins, d'aggraver la pénurie d’installation, de dégrader le système et de renforcer les inégalités d’accès aux soins.

La position de l’UFML est claire : l’UFML est contre le Tiers Payant Généralisé. Aménagé ou non, à guichet unique ou non, sous garantie ou non, l'UFML est contre, au regard de la menace d’une médecine caporalisée !

Nous savons la majorité des syndicats de médecins contre le Tiers Payant Généralisé et la décision est prise d’appliquer ce projet contre l’avis de la profession et contre le système sanitaire français, nous appellerons à l’Union de tous en un combat commun, pour la défense de la liberté et de l’indépendance des médecins et pour la protection de notre système sanitaire solidaire, en posant la question de la pérennité des relations conventionnelles.

 

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