Le Jour d'après demain

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Par le Dr Thierry ASQUIER, Délegué UFML 06

Tierry Asquier 

Nous avons réussi, mais nous n’avons pas gagné.

Nous avons réussi à faire reculer la marche funèbre de notre ministre pétrie d’idéologie, même si cette reculade factice n’est  qu'une manœuvre tactique, hélas classique,  de la part de nos Politiques.



Nous avons réussi à mobiliser une énergie corporatiste puissante contre cette loi destructrice de notre liberté d’exerci...ce et de notre indépendance qui représentent les fondements de notre profession et la garantie d’un exercice éthique de notre rôle social. 

Nous avons réussi à mobiliser les syndicats médicaux autour d’une proposition forte et simple : Le retrait de cette loi Santé sans négociation.
Mais cette loi n’est pas retirée, car simplement et tactiquement repoussée, pour que le soufflet contestataire retombe.
Cette tentative de préserver la « paix sociale » est clairement un échec  de nos gouvernants, incapables de s’allier au monde des professionnels, dans leur marche pour nous imposer leurs dogmes.

Aussi, notre mobilisation n’a pas encore atteint son premier objectif, ce qui implique la poursuite et le renforcement de notre mouvement d’opposition et de barrage,  par la fermeture des cabinets médicaux à compter du 23 décembre pour une durée indéterminée.

Nous avons réussi, par notre clarté et notre constance affichée, sans inflexion ni renoncement depuis le début, à faire évoluer l’ensemble des représentants professionnels vers le « NONEGO » comme préalable à tout échange ultérieur, à toute discussion.

Mais nous n’avons pas gagné, car notre ambition est plus haute :

Notre système de santé mérite bien plus qu’une « loi » idéologique, façonnée par quelques esprits rigidifiés par un intellectualisme et une rhétorique, dénués de tout pragmatisme ni même de bon sens, dans le rejet de l’expertise et de l’expérience incontournables des acteurs du soin.

Nous sommes médecins, professionnels de la santé,  et notre revendication d’une concertation large s’inscrit dans notre volonté d’affirmer cette expertise acquise et exercée,  pour élaborer un système de soins moderne, pour façonner une politique de santé d’avenir.

Nous refusons de laisser quelques idéologues, stratèges, membres d’une caste d’élites supposées,  s’emparer pour des raisons de puissance personnelle de ce sujet qui préoccupe l’ensemble de notre Nation.

Nous affirmons notre volonté de participer, tous ensembles, politiques, financiers et financeurs, patients, professionnels de la santé, à la refonte d’un système de santé aujourd’hui à bout de souffle, dont les dysfonctionnements chroniques et anciens sont à l’origine du conflit actuel.

Nous refusons que ce travail sociétal soit capté par des groupes supposés représentatifs, co-responsables de cet échec à permettre une évolution harmonieuse de notre système de santé et qui ont failli à leur mission.

Le temps n’est plus à la demande déférente d’une éventuelle participation cosmétique à des discussions élitistes, pour colmater les voies d’eau de notre système à la dérive. Le temps actuel est celui de l’amplification de notre dynamique, pour  forcer nos décideurs à renoncer de poursuivre dans cette voie sans issue,  en dehors du conflit.

Un dialogue social élargi, pour une question sociétale majeure, intégrant toutes les intelligences de notre Nation, réunies autour d’un projet ambitieux,  imposant la collaboration active et intelligente de tous.

Il ne s’agit pas de néo-poujadisme, ni d’un putsch contre une caste dirigeante, mais bien d’une affirmation sans colère qu’un système, quel qu’il soit,  ne peut pas fonctionner sans l’alliance de tous les acteurs de ce système, et sans doute pas dans la contrainte de certains d’entre eux.

Nous sommes à notre place dans cette revendication.

Et puisqu’il semblerait qu’aujourd’hui nous devions jouer des coudes et taper sur la table pour être entendu : tapons sur la table !
Cognons de toute notre force de conviction, tous ensembles sans compromis, jusqu’à ce que cette revendication devienne légitime et nécessaire pour tous.

Retrait de cette loi Santé incohérente, idéologique et destructrice car niant l’essence même de la médecine.

Constitution d’Etats généraux de la Santé, impliquant le monde politique, le monde économique, le monde médical, la société civile, dans un exercice de démocratie ni participative, ni compétitive, mais bien dans un exercice de démocratie d’expertise dans lequel chaque groupe d’experts en son domaine peuvent mettre en synergie leurs compétences, pour créer un système de santé digne d’un pays moderne.

Et là, nous pourrons dire que nous avons gagné.

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Commentaires (1)

  • Invité (jean-francois huet)

    Permalien

    AMEN Thierry....Que dire de plus, sinon que nous n'aurons pas gagné tant que nous validerons implicitement les fondamentaux du système qui nous écrase.

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