Lettre ouverte à Luc Duquesnel Président de l’#UNOF

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par le de jérôme marty, président de l'ufml
Jerome Marty2

«La valeur du C (la consultation simple) à 23 euros est largement obsolète et ne correspond plus à la réalité de la valeur de l'acte, a-t-il estimé. La revalorisation du C à 23 euros était prévue en 2007. Elle a été appliquée avec retard en 2011, pendant ce temps, les charges des cabinets, le coût de la pratique, eux, ont continué de croître».

Il s'agit aussi «d'éviter la banalisation et la dépréciation de la consultation médicale du généraliste au regard des patients, comme des financeurs», c'est-à-dire l'Assurance maladie et les complémentaires santé. Toutefois, les médecins bénéficient, depuis le 1er juillet dernier, d'un forfait de 5 euros quand ils examinent un patient âgé de plus de 85 ans, réglé par la Sécu.

Oui Luc, c’est exact, et c’est même le crédo de l’UFML. Le tarif du TO est sans rapport avec la pratique, tu le reconnais et rappelles à juste raison que le C à 23 € était prévu en 2007, nous sommes en 2013 soit 7 ans plus tard, dès lors demander 25 euros est une erreur…

La moyenne européenne est de 40 euros, 25 euros ne représente ni la valeur de l’acte ni celle de la responsabilité, pas plus que la valeur du rôle de ciment sociétal des médecins. Luc, tu as été un des artisans du combat du C à 20 et du V à 30 en 2002, le combat mené était déjà à l’époque celui du retard tarifaire, ce retard depuis s’est accumulé, et le décalage entre la valeur de l’acte et son appréciation par l’état n’a fait que s’accroître. Tous les observateurs le savent Luc, et Frédéric Van Roekeghem lui-même dans un entretien à Pratis TV le reconnaissait, « les médecins sont notoirement sous-rémunérés, mais si on les rémunère mieux, ils verront moins de patients ! », 25 euros ne sera qu’un rendez-vous manqué de plus !

Et nous n’avons plus le temps des rendez-vous manqués.

Notre profession s’affaiblit à force d’être déconsidérée et méprisée par une classe politique qui se trompe de priorité.

Maintenir la profession au plus bas de la zone européenne en matière de rémunération c’est maintenir la gestion et l’organisation de la pénurie, c’est affaiblir encore la médecine libérale et par effet collatéral affaiblir la médecine hospitalière.

La médecine de France vaut mieux que cela, c’est d’un plan Marshall de la médecine libérale dont nous avons besoin, d’une modification des priorités et des investissements.

Le prix de l’acte est au minimum de deux fois sa valeur, l’UFML le dit, l’écrit et le revendique depuis sa création.

La CSMF se revendique libérale et sociale, de quel libéralisme parle-t-elle ?

Celui du paiement à la performance ? D’une médecine bornée et encadrée, dont le concept est peu à peu abandonné par les pays qui l’ont mis en œuvre du fait de ses dérives : sélection des patients et critères comptables… ?

Celui de l’avenant 8 et du Contrat d’accès au soin où les médecins s’engagent à diminuer chaque année la part de leurs dépassements d’honoraires sans aucun critère médical et alors même que la valeur du TO reste la même ? Où l’organisme financeur désigne les coupables, juge, définit les peines et condamne ?

Celui des ARS toute puissantes au côté d’URPS devenus à de rares exceptions près des chambres d’enregistrement des oukases des préfets de régions ? Faut-il rappeler que les directeurs d’ARS ont droit de vie ou de mort sur les établissements privés ou publics, sur les services hospitaliers, que l’avis des CSOSS n’est que consultatif….

A quel libéralisme se réfère la CSMF ? Quelle liberté ?

Sociale ? De quel combat social la CSMF se réclame-t-elle ?

A l’heure où les déserts médicaux se font plus présents, où les zones en voie de désertifications se multiplient et où les solutions proposées ne sont que palliatives et propositions de médecines salariées , subventionnées , administrées et encadrées… Des déserts nés à la fois de l’incurie et de l’impéritie décisionnelle des gouvernants, qui ont désaménagé le territoire, fermé les centres de vie, les structures hospitalières, et à l’heure des rémunérations indignes de la médecine libérale fruits à la fois de son manque de considération et de l’absence d’opposition syndicale réelle. Le C à 25 € loin des besoins réels ne résoudra rien.

Sociale ? Alors que le Tiers payant généralisé est annoncé et, que loin de s’opposer, la CSMF parle juste de difficulté à le mettre en œuvre et de système inflationniste. Ne pas s’opposer à la généralisation du Tiers Payant c’est masquer la réalité de l’assujettissement des médecins qu’il provoquera, les livrant pieds et poings liés aux organismes financeurs.

Sociale ? Alors que le TP généralisé fera perdre leurs droits sociaux aux patients, le médecin étant de fait en conflit d’intérêt permanent avec son financeur notamment pour les arrêts de travail…

Sociale ? Alors que la CSMF a accepté la présence de l’UNOCAM aux discussions conventionnelles, alors même que les comptes des mutuelles sont opaques et que les Français paient toujours plus cher des organismes qui les remboursent toujours moins.

Sociale ? Alors que les mutuelles et autres organismes complémentaires rachètent les établissements de soin, les pharmacies, les cabinets de radiologie, les laboratoires et demain les maisons médicales, que les réseaux de soin se préparent et que les financeurs seront demain les organisateurs du système…

Sociale ? Alors que les Français percevront des soins en fonction de leurs niveaux de revenu et de la hauteur de leur contrat de mutuelle ?

Sociale ? Alors que l’Etat vient de nationaliser les caisses de retraite des professions libérales et parle des réserves prudentielles accumulées par ces professions en termes « d’argent public »… La captation n’a rien de social…

Assez de mots creux et vides de sens, l’UFML défend la liberté et l’indépendance des médecins mais également de tous les professionnels de santé, car il n’est de bonne médecine que de médecine libre et indépendante !

Notre pays est en crise, il est donc temps que les médecins sifflent la fin de la partie !

La politique de santé de ce pays est en échec et le système sanitaire français de ce pays ne tient que du fait de la valeur de ses équipes ! Pour combien de temps encore ?…

Assez de DMP, de DPC, d’instrumentalisation de la médecine. Assez d’HAS et de certification de tout, sans fin, sans bornes, sans limites, assez d’organismes où l’organe crée la fonction.

Ces trois exemples sont pathognomoniques de l’échec de la chose publique à vouloir faire à la place de, à vouloir une médecine d’effecteurs, d’obéisseurs…une médecine sans médecin…

Le C à 23 qui était le début de notre propos, est la triste continuité de cette politique.

Il reflète non les possibilités économiques et les ressources du pays mais la considération que celui-ci porte à ses médecins.

Les organismes mutualistes font 40 milliards de chiffres d’affaires, 8 milliards de bénéfices, les agences sont toujours plus nombreuses et plus coûteuses : Agences régionales de santé, Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail et l'Institut national de l'information géographique et forestière (établissements publics administratifs) ; Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, Agence française pour les investissements internationaux …. l'IGF recense quelque 1244 agences d'Etat.

Elles coûtent, selon le rapport de l'IGF, 50 milliards d'euros par an !!! (et l’on en revient au social..).

40 milliards de CA d’affaire pour les mutuelles, 50 milliards de coût pour les agences… Populisme ou réalisme ? Et d’autres économies sont à faire sans pour autant, comme toujours, axer les économies sur le soin lui-même !

Notre pays va mal et c’est parce qu’il va mal qu’il relève d’une médecine de qualité, d’une médecine justement considérée, justement honorée, où la pénurie cesse d’être organisée, où les vocations sont favorisées, où le système solidaire persiste par des choix politiques de courage.

Les rémunérations des professions de santé ne peuvent continuer à être liées aux erreurs économiques et politiques de ce pays. Indexer les hausses tarifaires sur la crise économique c’est donner la santé aux financeurs, c'est briser notre système solidaire, c’est assassiner la médecine libérale et casser notre modèle social !
  
La médecine de demain doit être pensée et organisée par les professionnels de santé, on ne peut faire de médecine sans les médecins, on ne peut organiser le soin sans soignant.

Cela n’est pas et ne sera pas chose facile, c’est pourtant la voix choisie par l’UFML.

L’espoir n’est jamais gratuit, l’espoir est un investissement, la fierté à un prix celui du courage ! Espoir et courage, liberté et indépendance, sont nos valeurs et nous nous nourrissons de nos valeurs.

Ces valeurs sont intemporelles, trans-générationnelles, trans-sectorielles et pluridisciplinaires, loin d’un concept libéral et social qui, au regard du passé, du présent et surtout de l’avenir, ne porte plus en lui que le bilan de 30 ans de dégradations sanitaires...

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