Hôpital de Brest : l'UFML soutient la grève des internes

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par le bureau de l'ufml
chu brestAu CHU de Brest, dans les internats de la Cavale blanche et du Morvan, la direction de l'hôpital a décidé de supprimer 2 postes de cuisiniers le weekend, privant les internes de repas frais. Le geste de la direction, comme ses explications, sont le reflet d’un certain mode de pensée de la sphère administrative vis-à-vis des médecins.

L’UFML rappelle que les internes sont issus d’un concours sélectif et difficile, ils sortent de longues années d’études, sont souvent seuls aux commandes d’un outil extrêmement performant, technique, cher, ont en responsabilité rien moins que la vie des patients de l’hôpital public.

Ainsi l’UFML rappelle à la direction de l’hôpital du CHU de Brest que le weekend, les internes sont les pilotes de chasse de l'hôpital public, plus encore qu'en semaine, ils sont alors en première ligne, avec les responsabilités que cela incombe. Imaginerait-on l'armée française déclarer au sujet de ses pilotes en fonction le dimanche : "Nous ne voulions pas monopoliser un cuisinier pour 10 personnes qui prendraient leur repas le dimanche" ?

Toute la traduction du mépris de l'administration à l'endroit de la fonction et de la responsabilité des médecins est dans cette phrase, mépris accentué encore par le fait que ces jeunes médecins représentent l'avenir de la médecine de France.

Au-delà, cette phrase et ce comportement d’irrespect reflètent le bilan des structures en responsabilité de la politique sanitaire depuis des années. A force de considérer les internes comme la cheville ouvrière de l’hôpital public, les responsables administratifs ont oublié que la formation des internes est plus longue et plus difficile que la leur, que leurs responsabilités sont au-delà de ce qu’ils ne connaîtront jamais, que leur nombre d’heures travaillées est de près du double des leurs pour une rémunération 3 à 4 fois moindre.

Mais surtout ils ont oublié le rôle des internes au sein de l’hôpital public ! Leur rôle aujourd’hui comme interne et leur rôle demain comme chef de clinique, PH, PUPH. Ils ont oublié que les internes sont l’hôpital public comme l’hôpital public est les internes.

Ne pas avoir compris cela, avoir oublié l’essence même de la mission et du rôle des internes au sein de l’institution est le signe d’une profonde crise morale, qui traduit le vrai malaise de l’hôpital public, un hôpital malade de sa gouvernance.

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Commentaires (14)

  • Invité (Manu)

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    Personnellement je suis pilote de chasse, bac +5 et je sers mon pays chaque jour et environ 60h par semaine quand je ne suis pas embarqué sur un porte-avions pendant des mois. Pourtant ça fait des années qu'il n'y a plus de cuisinier sur ma base, seulement des plats surgelés réchauffés par une entreprise privée... Si les internes sont vraiment des pilotes de chasse il va falloir qu'ils fassent preuve d'un peu plus d'abnégation et d'esprit de sacrifice:-)

  • En réponse à: Manu Permalien

    Oui, mais c'est l'armée ! Réputée pour tout ce que tu voudras sauf les qualités culinaires ! Peut-être les pilotes de chasse devraient en fait prendre exemple...

  • Invité (dei svaldi)

    En réponse à: Manu Permalien

    Consternant : qu'est ce qu'un pilote de chasse qui fait la gue-guerre peut comprendre au ras-le-bol des internes corvéables à merci, qui bossent parfois jusqu'à 80 heures par semaine et qui enchainent gardes sur gardes?
    Cuisinier ou pas cuisinier n'est pas le sujet , simplement la goutte de d'eau qui fait déborder le vase.

  • Invité (Manu)

    En réponse à: dei svaldi Permalien

    Ce n'est pas consternant, c'est rassurant au contraire de constater que l'élite médicale est aussi maltraitée que l'élite de l'armée. Finalement le gouvernement aura tenu au moins une de ses promesses électorales: plus de justice et d'égalité sociale :)

  • Invité (Malex)

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    C'est bien. On te donnera une médaille, va!
    Pour ton info, tu es à bac -7 par rapport à certains internes. Et ce n'est pas le fait de manger des plats cuisinés qui pose problème, c'est le fait d'être considéré comme de la m... Par des cretins qui ne font rien, sont beaucoup moins utiles à l'hôpital public que la chaîne médicale et paramédicale entière et pourtant prennent des décisions sans pour autant avoir jamais bosser plus de 7h par jour et sûrement pas le we ou la nuit!

  • Invité (al)

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    Pauvres petits internes qui vont pas manger leurs frites et être servis comme des rois.
    Interne depuis 2 ans, vous faites juste la honte de notre profession...
    Qui voudrait être soigné par des geignards qui font grève pour manger bien au self...

  • Invité (lamarche-arene)

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    la revendication peut sembler faiblarde mais elle cache bien d'autres enjeux : derrière les frites comme tu dis, il y a une volonté inexorable des pouvoirs publics de réduire les médecins à cette fameuse "variable d'ajustement" dont parle Jérôme Marty.
    Alors derrière chaque tentative de nous rabaisser, de nous asservir un peu plus, je soutiens qu'il faut résister.
    Quand à tes inquiétudes d'être un jour soigné par des "geignards" qui travaillent sans doute le double du Français moyen, réserve-les à tes vieux jours dans un système que tu auras contribué à livrer aux mains des mutuelles et des administratifs qui nous méprisent tant, comme ce directeur d'hôpital de Brest.

  • La question ne réside effectivement pas dans l'assiette (faut voir quand même ;-) ) mais elle tient au respect, et je suis toujours surpris quand je croise un de ces médecins qui n'ont pas le respect d'eux-mêmes et admettent donc sans vergogne d'être foulés aux pieds.
    Sans pêcher par orgueil, nous représentons une élite, composée de gens instruits, bosseurs, intelligents, vitalement utiles pour la société. Et il faudrait accepter sans cesse que des gens qui nous sont en ces points cruciaux clairement inférieurs nous grimpent sur le dos, nous filent un petit coup de cravache sur la croupe et nous fassent avancer ? Hue cocotte ? Bouffe ta paille et ferme la ? La paille est sèche, c'est assez bon pour toi ?
    Ben merde !

    Au cas ou vous ne l'auriez pas remarqué, notre époque glisse de plus en plus vite vers le mépris de l'individu, notamment au sein du monde du travail, comme le savent tous les généralistes qui en recoivent quotidiennement le résultat. Et ça y est, les médecins sont touchés ! Manque de bol, même si collectivement ils restent mous du bide, il y a quand même en leur sein une belle collection d'insoumis (le choix du terme est intentionnel) qui commencent à peine à se manifester : Oui, ils râlent, pour le moment....

  • Invité (Malex)

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    Merci d'avoir lu entre les lignes et de mettre en lumière le réel problème Le mépris de personnes qualifiiés, compétentes, et à haute responsabilité. C'est juste insupportable quand ça vient de ll'opinion publique "usager du système" et quand ça vient d'un acteur de ce système, là c'est inquiétant.
    Pour répondre à al., vous ne devez pas faire la même profession que les autres donc évitons le mot "notre profession". Vous êtes probablement un contestataire de base, en accord avec les réseaux de soins de mutuelle qui se profilent, et c'est bien avec des idées comme ça qu'il n'y a pas assez d'unité dans le corps médical , toute spécialité confondue.
    Divisé pour être mieux contrôlé..... Ça vous convient visiblement!

  • Invité (Manu)

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    @Malex: je ne suis peut-être pas bac+12 mais je connais visiblement mieux les règles de grammaire et d'orthographe que les brillants artistes du bistouri que vous êtes... Ensuite pour ton info j'ai commencé ma formation de pilote de chasse en 2006, APRES mon diplôme d'ingénieur, et ma formation n'est toujours pas terminée à l'heure actuelle. Je te laisse faire le calcul des années d'étude (à bac+12 tu devrais y arriver), et te rendre compte que tu n'es pas le seul à bosser pour la France et bouffer de la merde à la cantine.

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